Le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS) est une pathologie sous diagnostiquée. Elle touche 1 millard de personne sur terre. Les conséquences de cette pathologie peuvent être lourdes, notamment sur la santé cardiovasculaire, les accidents de la route, le diabète… Le SAOS résulte de l’obstruction du pharynx par la langue.

 

Description

L'affaissement de la langue provoque un collapsus partiel ou total du pharynx.
L’affaissement de la langue contribue à provoquer le collapsus partiel ou total du pharynx.

Tout comme le ronflement, l’apnée du sommeil est causée par une position reculée de la langue et son manque de tonus pendant le sommeil. Cette position est liée aux dysfonctions de la langue qui n’a pas acquis les bons points de repère dans la bouche. De plus, ses dysfonctions pendant le jour entrainent une fatigue musculaire qui induit un tonus trop faible pendant le sommeil. Ces facteurs conjugués entrainent une tension insuffisante des membranes linguales et pharyngées.

Le recul de la langue pendant le sommeil va entraîner un rétrécissement du diamètre du pharynx. L’effort inspiratoire supplémentaire nécessaire pour attirer l’air dans les poumons, entraîne une dépression accrue dans le pharynx, qui va accroitre l’attraction de la langue vers l’arrière. Dans ces conditions, la langue manquant de tonus ne peut pas résister et bloque partiellement ou totalement le passage de l’air. Il en résulte des épisodes d’arrêt respiratoire au cours du sommeil. Dans la plupart des cas, le patient se réveille une fraction de secondes (micro-éveil), ré-ouvre son pharynx en avançant la langue et ouvrant la bouche pour inspirer l’air rapidement afin de remplir ses poumons, déglutit, se rendort.

L’apnée du sommeil est favorisée par la respiration buccale, le surpoids, la position sur le dos ou encore le vieillissement.

Symptômes

Il est possible de détecter les apnées du sommeil. Une personne qui ronfle régulièrement a de fortes chances de faire des apnées. Les arrêts respiratoires pendant le sommeil sont des apnées. La fatigue dès le réveil, l’endormissement pendant la journée, l’irritabilité, les difficultés de concentration, une tension artérielle élevée sont d’autres symptômes de l’apnée du sommeil. Si c’est le cas, parlez-en à votre médecin.

Chez les enfants, l’attention doit aussi être portée sur la qualité du sommeil, notamment la respiration par la bouche, les ronflements, les arrêts dans la respiration, les réveils fréquents, l’agitation, les cauchemars, sueurs, mouvements anormaux, somnambulisme ou les “pipi au lit”. Dans ce cas, n’hésitez pas à consulter un spécialiste pour diagnostiquer la pathologie et mettre en place un traitement adapté.

Un enregistrement nocturne du sommeil sera effectué pour déterminer le type et la gravité du trouble.

Conséquences de l’apnée du sommeil

Les désignations de gravité sont différentes selon qu’on soit un adulte ou un enfant, car les conséquences sont toujours plus graves lorsque les problèmes arrivent tôt. Elles sont aussi dépendantes des pays. En France, chez l’enfant, l’apnée est considérée comme modérée au-delà d’une apnée par heure et sévère au-delà de cinq par heure. Chez l’adulte, on considère que le SAOS est une pathologie “modérée” à partir de 15 apnées par heure. Au-delà de 30 apnées par heure, elle est considérée sévère.

L’insuffisance d’oxygénation (hypoxie) de l’organisme causée par les apnées du sommeil peut entrainer des conséquences pathologiques potentiellement graves. Elle peuvent se traduire notamment par des risques accrus de complications cardiovasculaires (hypertension, infarctus, AVC…), métaboliques (diabète, obésité…), neurologiques (dépression, troubles de la libido…). Selon les études, le risque d’accident cardio-vasculaire chez des patients atteints d’apnée du sommeil est de 30 à 70%.

Les micro-éveils respiratoires empêchent le malade d’atteindre les phases de sommeil profond, paradoxal et leurs fonctions régénératrices. On se sent alors très fatigué pendant la journée. C’est néfaste pour l’attention, la productivité intellectuelle et très dangereux lorsqu’on doit conduire un véhicule, un train ou des machines !

Chez l’enfant, les conséquences sont particulièrement importantes sur son développement physique et intellectuel. En plus de mal dormir et de se réveiller très fatigué, celui-ci a des difficultés d’attention et de concentration qu’il compense par une hyperactivité insupportable pour l’entourage. L’oxygénation insuffisante (hypoxie) du cerveau peut entraîner des répercussions irréversibles sur son futur développement intellectuel.

Prévalence

Des études récentes montrent que plus de 20% des enfants ont un syndrome d’apnées obstructives du sommeil. Une équipe de recherche a montré que chez les adultes, 25 % des femmes et 50 % des hommes de 30 à 60 ans font plus de 15 apnées par heure de sommeil, soit (et une autre étude l’a démontré) 1 milliard de personnes sur terre! Contrairement aux idées reçues, le poids n’est pas un facteur décisif pour près de la moitié de ces patients. La plupart des personnes qui en sont atteintes l’ignorent. Le plus souvent ce sont les personnes de l’entourage qui détectent les premiers signes : des ronflements sonores ponctués d’arrêts respiratoires et de reprises plus ou moins brutales.

Des études ont montré que 50% des hommes et 25% des femmes étaient atteints par l’apnée du sommeil.

Traitement

Dans chaque pays, les autorités de santé recommandent des traitements différents selon la sévérité des symptômes. Les appareils de Pression Positive Continue (PPC) sont les dispositifs de référence pour le traitement des apnées sévères ou modérées associée d’une maladie cardiovasculaire. Comme son nom l’indique, la PPC envoie de l’air sous pression dans le nez ou la bouche afin de forcer le passage de l’air malgré le collapsus de la langue sur le pharynx. Lorsque l’apnée est modérée sans maladie cardiovasculaire associée, il est recommandé de porter une Orthèse d’Avancée Mandibulaire (OAM). Ce dispositif, généralement sur mesure, vise à maintenir la mâchoire inférieure en position avancée pendant le sommeil pour tirer la langue vers l’avant et libérer le passage de l’air dans le pharynx.

Ces traitements ne sont pas curatifs et agissent seulement sur les symptômes, c’est pourquoi ces appareils doivent être portés à vie. Des études récentes de terrain ont montré que souvent ces appareils, mal tolérés, ne sont porté que quelques heures par nuit. Le manque d’oxygène étant toujours présent pendant le sommeil, les risques cardiovasculaires liés le sont également.

La rééducation linguale est le seul traitement à potentiel durablement curatif de l’apnée du sommeil. Plusieurs études menées en Europe, Amérique du nord et du Sud ont montré des résultats intéressants en agissant sur les dysfonctions linguales : cause essentielle de l’apnée du sommeil.

Des médecins ont obtenu une diminution de 30% des indices d’apnées après seulement 60 minutes d’exercices quotidiens pendant une semaine. Ce type de traitement pourrait être proposé seul ou en complément d’une PPC. Cette rééducation nécessite l’engagement du patient et du thérapeute. Son développement serait facilité dans le cas d’un traitement standardisé.

Pour en savoir plus sur la prise en charge rééducative du SAOS, découvrez les articles écrits par M. Vanpoulle, Kinésithérapeute-Ostéopathe spécialisé en thérapie maxillo-faciale, et membre du comité scientifique de Tongue Lab: article sur Kiné Actu.

 

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